Avez-vous déjà eu l’impression de vous perdre dans les émotions des autres ?
De chercher la sécurité en vous fondant dans l’autre ?
Pour ma part, tout a changé le jour où j’ai compris que je passais ma vie à chercher la sécurité en dehors de moi, à travers le regard, l’amour ou l’approbation des autres.
C’est à cet instant que tout a commencé : le retour à soi, la guérison du cœur et la reconnexion à la Présence.
Cet article est une invitation à revenir à soi, à travers les émotions, le vivant et la Présence.
Depuis longtemps, je m’interroge sur ma manière d’être au monde. En réalité, je ressens tout avec intensité, les émotions, les ambiances, les gens. C’est comme si quelque chose en moi captait la vie jusque dans ses racines. C’est ma nature profonde : ressentir, comprendre, vibrer… pleinement, dans une authenticité entière.
Ma Structure Émotionnelle : L’Élément Eau
Ma structure repose sur l’élément Eau, symbole de l’émotion et du mouvement intérieur.
Sans cette fluidité, la vie perd pour moi tout son sens, toute sa raison d’être.
Je ressens la vie à travers les émotions, à travers la vibration même de la matière.
Quand je regarde un film, je suis totalement immergé : je sursaute quand j’ai peur, je pleure quand cela m’émeut.
Depuis toujours, j’ai cette faculté de ressentir et comprendre les émotions des autres, parfois même avant qu’eux-mêmes ne les perçoivent.
Le Manque Originel et la Quête de Sécurité
Depuis tout petit, j’ai ressenti comme un vide, non pas un manque d’amour maternel, mais quelque chose de plus profond encore.
Comme si un lien essentiel en moi avait été coupé, arraché.
Ce vide m’a poussé à chercher la sécurité à l’extérieur de moi.
Je me suis alors dit : si je donne beaucoup, je serai aimé.
Mon être a enregistré cette croyance : « Si je me fonds dans l’autre, je serai en sécurité. »
Ainsi, j’ai pensé que c’était la norme : plaire, faire plaisir, être reconnu par les autres… pour mériter l’amour et ma place dans le monde.
La Fusion Émotionnelle : Quand On Se Perd Dans l’Autre
Puis la vie m’a entraîné dans le marasme des émotions des autres.
Blessé, abîmé, trompé, abusé, je me suis souvent demandé : pourquoi ?
C’était comme une répétition d’abandon, une sensation de rejet.
Alors, pour ne plus souffrir de cette fusion, j’ai voulu contrôler.
J’ai cherché à oublier mes émotions, à les étouffer.
Et paradoxalement, je me suis encore plus plongé dans celles des autres,
comme si leur monde me protégeait du mien.
Je ressentais tout avant même qu’on me parle : en arrivant quelque part, je savais déjà si la personne était fermée, triste ou en colère. ,Mais hélas, je m’étais détourné de mon propre corps,
coupé de mes ressentis, comme vidé de moi-même.
Sans douleur, sans joie apparente, je gardais tout en silence, profondément enfoui.
Faire plaisir pour être aimé…Pour se sentir en sécurité.
Mais en sécurité de quoi, de qui ? De cette pseudo-séparation que je portais depuis la naissance.
C’était mon âme qui cherchait à retrouver ce lien perdu, ce lien invisible, imperceptible, même à mes propres ressentis. Alors je me suis jeté à corps perdu dans les eaux des autres, avec leurs maux, leurs histoires, sans jamais me demander si c’était juste pour moi, ou pour eux.
J’ai endossé tous les rôles : le sauveur, le grand frère, le patron, le copain,….etc.
Toujours en quête de ce lien, celui que je croyais brisé, et que je cherchais désespérément à recréer à travers eux.
Comprendre le Triangle de Karpman
En fait, c’est là où j’ai compris ce que c’était, ce fameux triangle de Karpman (Bourreau, Sauveur, Victime). Mais comment en sortir lorsque vous avez toujours fonctionné comme cela depuis la nuit des temps ?
Jamais, à aucun moment, quelqu’un ne m’a enseigné à observer mes ressentis, laisser libre cours à ma créativité, à mon intuition profonde. La société, les collectifs m’ont appris à faire comme tout le monde, à suivre des voies (voix) pré-établies, pré-définies, à la culpabilité lourde si tu ne vas pas sur ce chemin.
En fait, on te dit qui tu es et tu oublies finalement qui tu es réellement. Un être sensible, qui aime les animaux, la nature, jouer, rigoler en faisant des conneries, dans une innocence et une naïveté totale.
La Course au Matérialisme
Le mécanisme fait que tu bascules sur le côté obscur de la force, à toujours avoir plus d’argent, de matériel, de surface, de chiffres, de réussite. Le mental a besoin de nourriture. Il veut être nourri, rassuré. Et c’est dans les eaux des autres que je croyais trouver cette nourriture.
De ce fait, je me sentais en sécurité. En sécurité car je recevais une forme d’amour conditionnel, car je leur donnais ce dont ils avaient besoin. Alors je me suis mis en quête de remplir les besoins des autres pour remplir les miens. Je passais par la réussite matérielle, les projets, les possessions, mais au fond, ce que je cherchais réellement, c’était être aimé, me sentir relié, retrouver une sécurité intérieure que je croyais perdue.
Finalement, j’ai fini par comprendre que cette quête était sans fin.
Les déceptions succédaient aux réussites, me poussant encore et encore à chercher davantage de reconnaissance — sociale, amicale, affective.
Mais au fond, ce vide que je voulais combler, ce sens à la vie que je cherchais désespérément, cette flamme intérieure que je voulais rallumer, n’étaient rien d’autre que le simple fait d’être vivant.
D’être dans le Flow de la vie. De me laisser traverser par elle, plutôt que de vouloir la contrôler
Le Rêve Éveillé : Prendre de la Hauteur
Une nuit, après avoir rendu visite à mon ami Damien, j’ai eu une vision de nos deux vies — la sienne et la mienne — comme si elles étaient reliées par un même fil invisible. Nous avons tellement de points communs : nos problèmes, nos blocages, nos croyances se reflètent comme dans un miroir. Et dans cette vision, j’ai compris que nous pourrions continuer indéfiniment dans cette mascarade, ce rêve éveillé où l’on joue des rôles sans être vraiment nous-mêmes.
Je me suis vu au-dessus de tout cela. Comme si j’étais au-dessus des nuages, observant ces vies comme un film. J’ai vu des histoires absurdes où l’on s’accroche à nos rôles respectifs, nos possessions matérielles, notre argent, nos relations, nos maux et nos croyances. Toutes ces choses qui nous font réagir et sur lesquelles nous passons notre temps à vouloir nous guérir.
Mais c’est sans fin. Avec nos millions d’incarnations, il faudrait des éternités pour guérir tous les maux de l’ego.
Sortir de cette roue infernale et prendre de la hauteur m’a permis de m’observer autrement — de voir Ludovic DAVID, non plus comme une victime de son histoire, mais comme un être en chemin, parfois enfermé dans son petit “moi”.
Avant, je ne voyais que le personnage, ce rôle que j’avais moi-même créé dans le grand film de la vie.
Il n’y a Rien de Mal à Être Centré sur Soi
Le message que je veux transmettre, c’est qu’il n’y a rien de mal à être centré sur soi.
C’est même une étape nécessaire pour se connaître, se comprendre et guérir ses blessures.
Mais quand on reste enfermé dans cette observation permanente de soi, à scruter nos manques, nos défauts, nos douleurs, à se comparer aux autres ou à juger le monde autour de nous, on finit par s’épuiser.
On tourne en rond dans une boucle où tout semble déjà écrit, où l’on répète sans cesse les mêmes histoires, les mêmes réactions.
Être centré sur soi n’est pas le problème. Le piège, c’est d’oublier de respirer la vie au-delà de soi, d’oublier le mouvement, l’ouverture, la simplicité d’exister.
Le Retour à l’Être Originel
Le retour à mon être originel passe par l’acceptation et le lâcher-prise. Pour cela, j’ai d’abord dû comprendre comment fonctionne mon mental, afin de pouvoir le transcender.
Ce petit malin aime les habitudes. Il se nourrit de ce qu’il connaît déjà, de ce qui le rassure, et rejette tout ce qui échappe à son contrôle.
Pour sortir de cette prison intérieure, j’ai dû aller à contre-courant de ses automatismes,
le bousculer, fissurer sa coquille.
Non pas en multipliant les pratiques, mais simplement en revenant à la présence, à la simplicité du moment. En retrouvant cette innocence d’enfant : rire, jouer, s’émerveiller,
goûter la vie sans chercher à la comprendre. C’est ainsi que le mental se détend, naturellement, jusqu’à ralentir complètement.
C’est ainsi que j’ai pu revenir dans mon corps, présent, vivant, ancré dans l’instant.
Reconnexion Avec les Quatre Éléments
C’est à ce moment-là que j’ai commencé à sentir la Vie à nouveau circuler en moi.
En revenant dans mon corps, j’ai redécouvert mon lien au vivant, à la Terre, à tout ce qui m’entoure.
J’ai compris que cette présence ne pouvait exister sans équilibre — celui des éléments qui me composent.
J’ai compris que mes eaux étaient primordiales en moi. Alors j’ai reconnecté avec mes eaux de mon bassin. J’ai plongé dedans.
Je me suis aperçu que l’état de mes eaux intérieures déterminait mes émotions.
Stagnantes, elles devenaient souillées. En torrent, elles rendaient mes émotions violentes et destructrices. Mais leur température importait tout autant : trop chaudes, je devenais agressif. Trop froides, je sombrais dans la procrastination.
L’Équilibre des Éléments Intérieurs
Il m’a fallu comprendre que mes eaux dépendaient des trois autres éléments : le feu, la terre et l’air.
Mes eaux ont besoin d’un récipient pour vivre, pour être contenues et guidées. Ma terre joue ce rôle : elle canalise mes eaux et devient fertile par leur présence. Mon Feu intérieur réchauffe mes eaux pour qu’elles atteignent la température parfaite qui aligne tout mon être. L’air dissipe les nuages de mes pensées, laissant mon soleil illuminer mes eaux et nourrir ma terre.
Alors, j’ai compris que je devais cesser de me fondre dans la matière. Au lieu de cela, m’unir aux éléments, les rendre perméables au cinquième élément, au souffle de l’esprit. Retrouver cette paix profonde que je connais bien, même si elle dérange mon mental. Car lui a besoin de s’agiter, de chercher des causes à défendre, des choses à juger. Sans cela, il a l’impression de s’affaiblir… ou même disparaître.
Le Combat Avec l’Ego
Alors il se défend, il se rebelle, il échafaude des plans de dingues pour nous détourner et nous ramener à sa cause. Il nous parle comme un guerrier : ‘Tu devrais apprendre plus, faire plus.’ Il sème la confusion dans nos relations, conspire, manipule, car il est d’une intelligence redoutable.
Je vous l’avoue : le plus difficile est d’aller contre son courant. Tenez, pour écrire cet article, j’ai dû me forcer sérieusement, car mon mental me trouvait toujours quelque chose de mieux, de plus simple à faire.
L’ego adore la dualité. Dans la dualité, tout existe par son contraire : le bien et le mal, l’ombre avec la lumière. Cette séparation même nourrit l’ego, car elle lui donne un rôle à défendre, une illusion d’existence
La Clé : Donner Sans Attendre
La clé est de toujours s’intéresser plus à ce que l’on donne qu’à ce que l’on reçoit, sans attente, sans fierté et sans but quelconque.
Exercice Pratique : Faire Circuler les Quatre Éléments
Je m’aide beaucoup en refaisant circuler les quatre éléments en moi. Voici comment je procède :
J’imagine une forêt luxuriante (une canopée) avec un ruisseau qui coule. La lumière du soleil transperce le feuillage de la canopée et vient réchauffer les pierres là où le ruisseau glisse dessus. Une légère brume vient souffler sur de magnifiques nuages flamboyants.
Petit à petit, la joie et le bonheur reviennent en mon centre, de mon être, au niveau de mon cœur. J’illumine mon intérieur de tous ces rayons qui sortent de ce centre. Jusqu’à ressentir la simplicité et la paix que j’avais lorsque j’étais enfant.
Laissez cette visualisation durer le temps qu’il faut…
L’essentiel n’est pas la durée, mais la sensation de chaque élément qui s’harmonise et reprend vie en vous
Spiritualiser la Matière, Humaniser le Divin
Je laisse désormais la Vie guider mon mental. Dans la félicité du cœur, je m’abandonne à cette grande aventure qu’elle me murmure.
Offrir devient plus essentiel que recevoir, car c’est dans le don que se révèle le véritable abandon.
Et c’est là, dans ce souffle, que la Vie recommence à circuler librement.
C’est alors que je retrouve la simplicité et l’humilité de l’existence : le vrai, la vérité du cœur.
Aimer sans posséder. Être présent sans vouloir fusionner avec la matière ni avec l’autre pour combler un vide. Juste être là, sans attente, dans la joie tranquille d’avoir agi pour plus grand que soi, pour la Vie.
C’est cela, spiritualiser la matière et humaniser le divin. Faire descendre le sacré dans chaque geste du quotidien, transformer mes relations, mon travail, mes émotions en autant de portes vers cette paix intérieure. Ne plus séparer le spirituel du matériel, mais les unir dans un même souffle.
Car c’est en cessant de chercher la sécurité en dehors de moi que j’ai retrouvé la paix intérieure et la liberté d’Être.
Et si, finalement, le retour à soi n’était rien d’autre qu’un retour à la Vie elle-même.

